Auto-train

Crédit image : Kvardek du, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Remise en place des "auto-trains" entre les grandes villes françaises

Constat :

 En 1957, l’auto-train est mis en place par la SNCF, il est souvent associé aux train-couchettes qui parcourent de longues distances. Les deux services ont pris fin en décembre 20191, victimes d’une politique des transports privilégiant le réseau autoroutier et les lignes à grande vitesse depuis les années 1980.En effet, la proportion de foyers ruraux possédant une voiture est passée de 60% en 1970 à 90% en 2000.2 Cause ou conséquence de la préférence du développement autoroutier à celui ferroviaire ?
 Le fait est que, pour leur départ en vacances, 57% des Français ont opté pour l’automobile à l’été 2020.3
 Or, cela pose plusieurs problèmes, tout d’abord, dans la crise environnementale majeure que nous traversons, le train pollue 26 fois moins que la voiture thermique4, qui est la plus prisée, pour les voyages de longues distances. Il est aussi beaucoup plus sécuritaire, les accidents ferroviaires sont exceptionnels, il peut se passer plusieurs années sans qu'aucune personne ne décède à bord d’un train.5 A contrario, le nombre de morts dans des accidents de voiture avoisine les 3000, chaque année en France métropolitaine.6 Parmi eux, plus de 250 personnes sont décédées sur l’autoroute7 où un accident sur trois est lié à la somnolence.8 Autant de morts qui pourraient être évités en empruntant le train.
 Mais alors, qu’est ce qui pousse les Français à utiliser leurs voitures sur de longues distances ? Souvent le manque de transports en commun sur leur lieu d’arrivée9 et le coût (parfois plusieurs dizaines d’euros) d’une location de voiture sur place, alors même qu’ils possèdent déjà un véhicule personnel avec tous les frais que cela implique (entretien, assurance etc…), à hauteur de plusieurs centaines d’euros par mois.10 De plus, un trajet en voiture, malgré l’augmentation du coût du carburant, est souvent moins cher mais aussi plus aisé et plus rapide que le même, en train, et cela est d’autant plus vrai lorsque les passagers sont plusieurs.11 Néanmoins, ces résultats sont à remettre en perspective puisqu’il est compliqué de comparer ces deux modes de transports.
 Actuellement, si la SNCF développe à nouveau les trains couchettes,12 l’auto-train semble définitivement appartenir au passé. Des alternatives sont proposées par la SNCF, notamment HiFlow, mais la plateforme rame, les prix sont rédhibitoires, seulement quatre à cinq trajets sont proposés, seulement au départ de Paris, et il faut s’inscrire plusieurs semaines en avance pour en bénéficier. On parle de transport de voiture par un particulier, ce qui n’est pas une solution, ni aux accidents ni aux émissions de gaz à effet de serre pour pas moins de 100€ pour une petite citadine. Ou plusieurs centaines d’euros pour un transport en camion ou chauffeur professionnel.13 Seul l’EuroStar est encore accessible en auto-train.

Problématique :

Pourquoi et comment remettre en place l’auto-train en France ?

Solution proposée :

 Remettre progressivement en place l’auto-train, dans un premier temps entre les grandes métropoles, en profitant de la réouverture des lignes de trains couchettes auxquelles le service a longtemps été associé.

Modalités d'application :

 Cette mesure doit s’accompagner d’une réforme plus profonde et complète du système ferroviaire français, voire même des réseaux de transports en commun si elle veut prétendre changer les habitudes de mobilités des citoyens.
 Un constat encourageant peut être fait en observant les mesures prises pour prôner le transport de bicyclettes à bord des trains (gratuité dans les TER, emplacement réservé)14 et leurs résultats. En effet, rien qu’entre 2019 et 2021 la fréquentation des vélos dans le train a augmenté de 18%.15 Le vélo permettant de se déplacer dans les villes de départ et d'arrivée mais pas sur de longues distances ou avec une charge de bagage importante.
 Nous pouvons donc espérer une telle utilisation d’un service d’auto-train. Actuellement, le schéma des nouvelles lignes ferroviaires de nuit, autrement dit les trains-couchettes, est centré autour de Paris permettant aux habitants de la capitale de rejoindre différents lieux de villégiature dans le Sud. Ils pourraient avoir la nécessité d’avoir un véhicule à leur arrivée, même si seulement 34% des Parisiens possèdent une voiture. Néanmoins, à l’avenir, il est envisagé de construire un réseau complexe incluant les principales métropoles. C’est ce qui conviendrait à l’auto-train, du moins dans la conception actuelle du système, comme il est déjà pratiqué en Europe.
 A première vue, cela semble contre-intuitif d’imaginer pour système de auto-train destiné à relier des territoires ruraux dépourvus de transports en commun en ne créant des gares que dans les métropoles. En effet, celles-ci sont particulièrement bien desservies en transports en commun et possèdent souvent une gare routière permettant d’accéder, avec une facilité et une récurrence variables à la majorité des communes sous leurs aires d’influences. Hors, le système d’auto-train demande une logistique importante, pour monter et descendre les véhicules des wagons qui ne peut, en tout cas dans la configuration actuelle du réseau ferroviaire national, n’être envisagé que dans des gares de grandes envergures, situées dans les métropoles.
 Alors ce système d’auto-train ne serait pas un doublon de celui intermodal du train et des cars régionaux ? Absolument pas, le but étant que le voyageur quitte rapidement la métropole à bord de son véhicule personnel qui utilisera ensuite pour se rendre d’une petite agglomération à une autre, parfois situées à quarante ou cinquante kilomètres de la gare, mais aussi du premier échangeur autoroutier et très mal desservies entre elles. Ce système se veut seulement être un substitut aux grands axes autoroutiers permettant de relier des zones rurales et enclavées et qui n’ont pour l’instant pas de concurrents proposant des services équivalents. Il est fort probable qu’il ne pousse pas les utilisateurs à utiliser leur véhicules davantage.


1Voyager avec sa voiture en auto-train, Voyagerentrain.fr [consulté le 4 février 2023]
2Le nouvel espace rural français, Sénat [consulté le 4 février 2023]
3Près de quatre Français sur dix qui partent en vacances cet été préfèrent se déplacer en voiture, Ouest-France, 5 août 2020 [consulté le 4 février 2023]
4Bassine J., Oui, le train est l’un des moyens de transport les moins polluants, SNCF, 20 mars 2022 [consulté le 4 février 2023]
5Parienté J., Combien de morts chaque année dans les trains ?, Le Monde, 31 juillet 2013 [consulté le 4 février 2023]
6Chiffres provisoires de l’accidentalité routière en 2021 : le nombre de morts en France métropolitaine à nouveau sous la barre des 3 000, Ministère de l’Intérieur, 31 Janvier 2022 [consulté le 4 février 2023]
7Bilan définitif de l’accidentalité routière 2018, Sécurité Routière (source gouvernementale), 1 juin 2019 [consulté le 4 février 2023]
8La fatigue et la conduite, Sécurité Routière (source gouvernementale) [consulté le 4 février 2023]
9Cureau M., Le transport en commun dans les zones rurales est pertinent quand on croit en lui. Illustration à travers le cas du réseau d’autocars du Bregenzerwald en Autriche, Transports urbains n°133, 2018 [consulté le 4 février 2023]
10Thierry-Aimé E., Quel budget pour l’achat de votre nouvelle voiture ?, Maif.fr, 2022 [consulté le 4 février 2023]
11Expérience sociale menée par MisterJDay, LES PUBS SNCF : L'ANALYSE de MisterJDay, YouTube, PARUTION [consulté le 4 février 2023]
12Train de nuit, Ministère de la Transition Énergétiqu, 21 décembre 2021 [consulté le 4 février 2023]
13HiFlow, Service SNCF [consulté le 4 février 2023]
14Le Gouvernement met en place une obligation dans les trains neufs ou rénovés de prévoir 8 emplacements pour vélos, Ministère de la Transition Énergétique, 20 janvier 2021 [consulté le 4 février 2023]
15Bizeul R., L'afflux croissant des vélos dans les trains, une équation difficile à résoudre, France 3 Région Nouvelle-Aquitaine, 8 septembre 2022 [consulté le 4 février 2023]